
Le lundi 11 février nous avons célébré la Journée Mondiale du Malade – ce qui peut nous sembler étrange, à première vue. En effet, la maladie est un vrai mal pour nous : elle nous fait souffrir et fait souffrir les gens que nous aimons. Cette Journée n’a pas pour but d’attirer notre attention sur la maladie en tant que telle, mais sur les malades, sur les personnes qui souffrent.
Toute maladie est un désordre : notre corps ou notre esprit ne fonctionne plus comme il faut. Elle réduit, parfois drastiquement, notre champ d’action et nos possibilités, et même nos envies. Nous sommes conscients qu’elle peut nous atteindre à tout moment, à l’improviste. Elle nous guette et elle nous fait peur. Être épargné de la maladie nous semble comme un signe de la bénédiction divine. En revanche, avoir beaucoup de problèmes de santé est plutôt considéré comme la mauvaise chance.
Et Dieu dans tout cela ? Où est-il ? Pourquoi certaines personnes souffrent-elles beaucoup alors que d’autres restent régulièrement à l’abri ? Cela nous semble très injuste.
Tout d’abord, la maladie n’est pas une punition divine. Dieu n’est l’auteur ni de nos maladies, ni de nos souffrances. Nos fragilités physiques et spirituelles sont plutôt les conséquences du désordre introduit dans le monde par le mal. Dès la chute de nos premiers parents, notre corps ne puise plus de la même façon la vie divine comme Dieu l’avait prévu. Il vieillit, il se dégrade et ses organes faiblissent. Même notre esprit se ralentit, se fatigue, oublie.
Face à cette situation inacceptable, Dieu n’est pas resté immobile. Il s’est mis, tout de suite, du côté de celui qui souffre. Il a pris notre humanité et l’a partagée entièrement : prêt à souffrir lui-même pour nous. Cette proximité de Dieu envers ses créatures diminuées devient pour nous un modèle à suivre. Il a fait preuve du plus grand amour en mourant pour ceux qui souffrent et il nous a ordonné d’aimer notre prochain comme il l’a fait.
Se mettre à côté des malades, c’est la preuve d’un amour concret. Leurs souffrances, leurs besoins, leur manque de mobilité et d’autonomie, réclament de nous un investissement important de notre temps, de nos énergies, de nos ressources, de notre cœur. Nous renonçons volontairement à nos propres projets par amour pour eux. Ainsi, nous ressemblons davantage le Christ. C’est seulement en Lui que tous nos renoncements, nos sacrifices et nos peines trouvent leur vraie valeur : une valeur qui dépasse les frontières de cette vie terrestre. Comme ceux du Christ, nos sacrifices deviennent aussi rédempteurs ; porteurs de l’espérance de la vraie Vie. Et pas seulement pour les personnes malades, mais pour nous aussi.
Ainsi, nous apprenons que même dans le désordre, Dieu est capable d’en tirer du bien. Avec Lui, la maladie n’a pas le dernier mot, elle ne remporte pas la victoire. C’est l’amour qui est le plus fort : c’est la seule chose qui dure pour toute l’éternité.
Que Dieu bénisse abondamment tous les malades, ainsi que tous ceux et celles qui les soignent et les accompagnent. Qu’il leur accorde la force nécessaire pour faire face aux souffrances et tout l’amour dont ils ont besoin.