Interview du Cardinal Velasio de Paolis

Le délégué pontifical, le Cardinal Velasio de Paolis, nous donne un aperçu sur le ressaisissement interne et sur un possible développement dans le futur.

La revue italienne "Testimoni" publie une interview du Cardinal Velasio de Paolis sur l’avenir des légionnaires du Christ et du mouvement Regnum Christi. Nous en reproduisons, avec son aimable autorisation, la traduction de l’original italien.

L'AVENIR DES LÉGIONNAIRES DU CHRIST

Après la sanction canonique imposée au Père Marcial Maciel Degollado et après sa mort en 2008, la congrégation des Légionnaires du Christ qu'il a fondée est passée par maintes difficultés et défis : les découvertes sur les comportements gravement immoraux du fondateur, la décision du Saint-Siège d'effectuer une visite apostolique menée par cinq évêques, la conclusion de cette visite et la mise en place d'un système de contrôle du gouvernement en la figure du délégué pontifical, le Cardinal Velasio de Paolis (mai 2010). Que se passe-t-il dans la congrégation ? Quelles sont les décisions opérationnelles pour réorienter les forces spirituelles en son sein ? Quels succès et quelles perspectives ?

Autant de questions avec lesquelles je suis allé voir le délégué papal, le Card. Velasio de Paolis, lors de ma rencontre dans son appartement, au Vatican, le 27 octobre dernier. Le texte reprend un entretien cordial et franc qui s'est étendu sur plus d'une heure d'affilée, mis à part quelques interruptions par des appels téléphoniques.

Respect et admiration

« J'ai observé avec respect et admiration le développement du processus par lequel sont passés de nombreux légionnaires, peut-être même tous, ces derniers mois, disait le Cardinal. La première étape a été celle d’une profonde incrédulité. Que ce fondateur, tant aimé et admiré par ses coreligionnaires, ait pu mener une double vie pendant des années ne semblait pas plausible. La voix de la presse qui, depuis quelques temps, décriait le scandale, se heurtait en eux à une résistance frontale. Néanmoins, les sanctions du Saint-Siège étaient trop graves et il fallait prendre au sérieux la censure infligée, même si, pour certains, il s’agissait d’une épreuve de plus qui devait tourner à la faveur de sa fidélité et de sa sainteté. La réputation était trop répandue, trop fort son « culte » parmi les religieux et l'armée de laïcs qui le reconnaissaient comme leur père. A l'incrédulité a suivi un trouble profond, vécu dans la souffrance et la douleur. Les faits ont ébranlé les consciences et les décisions personnelles.

Il était désormais impossible de réduire les accusations à des commérages malveillants ; l'affaire devint un problème personnel de chacun. ‘Puis-je encore continuer ? En tant que congrégation, pouvons-nous encore faire quelque chose de décisif avec notre charisme et notre mission dans nos vies ?' A suivi la remise en cause du propre choix et des apostolats. 'Pourquoi encore s'engager? Pourquoi se lancer comme corps apostolique dans des œuvres déjà entamées ou prévues ?' On comprend facilement que tout pouvait se bloquer, tout pouvait imploser. Une impasse dramatique aux débouchées peut-être dévastatrices. Peu à peu, grâce aux dispositions que le Saint-Siège prenait, s’est frayée un chemin la considération que tout ne pouvait pas être jeté à la poubelle, que tout ne devait pas être forcément considéré irrémédiablement envenimé. Restait le bien accompli. La sincérité des choix n’était pas remise en question. Peut-être pouvait-on ouvrir un nouveau futur. Peut-être le ‘fallait-il’. N'était-ce pas là exactement la volonté expresse du Pape ?

Le délégué pouvait se servir de deux étapes précédentes décisives : les recherches sur la vie de Marcial étaient juridiquement closes et la visite apostolique avait étudié en profondeur le corps de la congrégation, honorant ainsi les décisions de Benoît XVI. Il fallait toutefois donner vie à la partie positive, accompagner l'évolution de la congrégation, parier sur le futur. A plusieurs reprises on a pu lire l'appréciation pour les individus et pour le corps apostolique. Personne ne traverse une tempête de ce genre sans montrer de la valeur spirituelle, une adhésion profonde à l'Eglise et au Pape, un véritable zèle apostolique. En comparaison aux tonnes d'informations au sujet du cas ‘Maciel’, la qualité de la réaction n'est presque jamais perçue et valorisée de façon adéquate.

Nous entrons dans la troisième étape

"La troisième étape, dans laquelle nous nous trouvons, est l'étape positive. On ne peut pas constamment revenir en arrière, relire l'affaire personnelle du fondateur, déterrer les méthodes et les conclusions de la visite des évêques, reprendre l'ensemble des informations versées dans les médias mondiaux. Nous partons de la lettre du Pape qui souligne, d'une part, 'un zèle authentique et une vie religieuse fervente d'un grand nombre [et d'autre part] l'urgente nécessité d'un chemin de profonde révision du charisme de l'institut. Dans le désir de suivre de près, soutenir et orienter le chemin, j'ai estimé qu'il était nécessaire de nommer un délégué personnel qui témoignera concrètement de ma proximité et qui agira en mon nom auprès de la famille religieuse.' Et il conclut :'Je vous assure de ma proximité spirituelle dans l'affection et la prière'. Depuis, plus d'un an s'est écoulé.

Mon premier devoir a été celui d'écouter. De la part de tout le monde il y a eu la volonté de parler, de s'exprimer et peut-être même de se confier. Il y avait aussi la conviction qu'il fallait tout me dire afin que je ne sois pas conditionné par des récits partiels. Ceux qui étaient plus proches du fondateur pour éclaircir leurs positions, les plus éloignés pour renverser le système de communication interne qui, jusqu’à ce moment-là, les considérait comme marginaux ou sans importance. Mais après quelques mois, j'ai estimé que l'essentiel des faits et des positions sur le terrain était déjà clarifié. Avec l'aide de mes conseillers j'ai commencé à prendre des mesures qui me paraissaient urgentes : l’intégration au Conseil général de deux autres confrères indiqués par la consultation interne, puis la rotation du secrétaire général et les déplacements qui semblaient utiles.

Entre temps, certains – peu – ont estimé de ne plus pouvoir continuer dans le service ministériel et ont abandonné le sacerdoce. D'autres ont laissé la congrégation et ont demandé de réaliser leur ministère au sein des églises locales. On a enregistré des abandons parmi les jeunes religieux, peut-être confondus et effrayés par ce qu’il se passait. Peut-être fragiles justement à cause de leur jeune âge. Les évêques se sont montré en général très disponibles vis-à-vis des prêtres qui ont demandé l'incardination dans leurs diocèses, certains d'entre eux exprimant leur appréciation de la qualité et de la générosité de ces prêtres. Il y a enfin une partie limitée mais non sans influence qui sont restés dans la congrégation, mais qui n'acceptent pas la lenteur des décisions et la continuité essentielle de l'ensemble du corps directif. Ils voudraient des interventions plus énergiques, que ce soit dans la gestion du personnel, dans les décisions opérationnelles, comme dans le remplacement des autorités de gouvernement. « Il me semble qu'ils sont comme ceux qui 'regardent par la fenêtre' sans comprendre la complexité de l'équilibre à maintenir dans l'accomplissement des mesures nécessaires. La confiance naît en fin de compte de la grâce. Seule la conversion des membres peut rendre solide celle des structures. Ceux qui concluent que rien n'a été fait parce que ce qu'ils voulaient n'a pas été fait ou dans la manière qu'ils le souhaitaient sont, à mon avis, prisonniers de leurs préjugés. Cela dit, il est certain qu'il y a encore beaucoup de choses à revoir ».

Les victimes du comportement de Maciel

« Une des premières commissions qui a été mise en place est celle pour le recours des victimes du comportement de Maciel. Il y a une question d'écoute, de demande de pardon, en partie aussi d'aide et d'éventuels dommages-intérêts. Il s'agit de personnes étrangères à la congrégation qui ont des souffrances dont nous ne pouvons pas ne pas tenir compte. Le travail est déjà en cours selon les intentions établies. Il y a aussi le douloureux chapitre des victimes internes, de ceux qui ont vécu avec malaise, peur et remords des rapports intimes avec le fondateur.

« Une autre préoccupation est celle des supérieurs. Mais il n'est pas vrai que rien n'a été changé. Au sommet, au conseil général, les équilibres ont changé : des personnes différentes sont entrées et avec mes conseillers, je suis présent à leurs conseils, nous avons le pouvoir d’intervenir, de guider et de décider même de manière autonome. Il ne m’est encore jamais arrivé de le faire. Le vicaire général a demandé une autre mission et cela lui a été accordé. Les provinciaux seront remplacés suivant les échéances correspondantes. La question des supérieurs locaux est plus vaste. En cela, la situation de la Légion n’est pas différente de beaucoup d’autres congrégations religieuses. Il n'est pas si facile de trouver des personnes adéquates pour cette fonction. Il pourrait arriver, comme autre part, qu'après les avoir ‘dé-nommer’, il faille les renommer (il sourit). Bien sûr, les changements parviennent aux périphéries avec une certaine lenteur, mais dans un corps aussi complexe, une connaissance adéquate est difficile et une décision immédiate pourrait s’avérer imprudente et contreproductive. Même si, bien sûr, celui qui est loin peut continuer à agir comme avant, donnant l’impression que rien n’a changé, mais cela n’est pas une perception correcte.

La situation économique

« Une autre commission concerne la situation économique. Elle n'est pas toute rose. Peut-être est-ce actuellement le souci le plus immédiat. La gestion de Maciel s'est développée en parallèle avec le turbo-capitalisme. Les légionnaires se sont développés à grande vitesse, au rythme d'une entreprise : plus on se chargeait de dettes, plus on obtenait de crédits. Ils ont réalisé des œuvres impressionnantes et ceux qui les voyaient en étaient émerveillés, exprimant un peu partout leur admiration pour les œuvres établies. Un développement aussi rapide ne peut se soustraire de la grave crise financière et économique en cours. A cela s'est rajouté la crise morale et de confiance que les révélations au sujet du fondateur ont provoquée. Quelques bienfaiteurs se sont retirés. Il faut penser à des bienfaiteurs capables d’offrandes de grande importance.

A cela s’est ajouté un moindre flux des inscriptions dans les écoles et universités. Ce sont des institutions appréciées et de haut niveau, avec des parcours plutôt exigeants. Une baisse quoique partielle met les bilans dans des difficultés. Naturellement il y a un patrimoine immobilier de grande importance qui donne de l'assurance, mais le marché est imprévisible. J'en parle comme novice en matière, car je n'ai jamais traité directement ces questions. Je peux juste rajouter que le système de gestion des ressources internes est très particulier. Beaucoup a été confié à des fondations civiles que dirigent les légionnaires. Un groupe important de professionnels de haut niveau souvent liés au groupe laïc Regnum Christi, du nom Integer, met à disposition ses compétences. Cela a pu créer, dans des moments critiques comme le nôtre, un certain malaise parmi les religieux et les supérieurs des communautés ou des provinces qui ont l’impression d’avoir été révoqués. Dans cet aspect-là aussi, il faudra mieux conformer les processus décisionnels aux processus communs au sein de la vie religieuse mais, pour l’instant, il faut parer à l’urgence ».

Les nouvelles constitutions

« Ensuite il y a la commission pour les constitutions. Elle est peut-être le domaine le plus vif de notre travail. Depuis le début, nous avons établi une période de trois ans, suite à laquelle nous espérons que sera célébré le Chapitre général pour élire les nouveaux supérieurs et conclure le travail des constitutions. Il y a des éléments qui ont déjà été corrigés. Je pense à des façons d'exercer l'autorité qui n'étaient pas conformes au Code, au manque de distinction entre le for interne (la conscience) et le for externe (le comportement) ou bien à la pratique de vœux rajoutés impropres (la défense de critiquer les supérieurs et la promesse de ne pas aspirer aux charges internes), à des dispositions non convenables sur la discrétion et le secret ou à la censure des moyens de communication. D'une part nous devons réviser les constitutions, d'autre part un corps apostolique ne peur rester sans règles.
Celles-ci restent donc en vigueur jusqu'à leur modification, même si on les interprète déjà à la lumière d'un nouvel esprit. Il est bien connu que les meilleurs règlements, vécus sans un bon esprit, peuvent être déformés et vice-versa, que des règlements discutables, vécus avec un bon esprit être observés et honorés.
La rédaction actuelle des Constitutions est très étalée. Il ne reste pas de domaine de vie qui ne soit pas règlementé. Il n’y a pas de distinction entre les Constitutions et le Directoire. Ils ont obtenu l'approbation comme un privilège, mais au risque de ne pas se rendre compte de la distinction qualitative entre une norme et une autre, limant ainsi l'espace légitime pour la liberté. Mais je répète, le travail sur les textes est moins important que celui sur la mentalité. Et les temps des deux choses ne coïncident pas toujours. Je voudrais que le nouveau texte soit élaboré comme un travail de tous. Un fait consolant est l’attitude de grande obéissance au Pape, la bonne formation des individus, tout comme leurs légitimes aspirations.

L'énigme Maciel

« Ils ont fait confiance à Maciel, mais ils ont cru en Dieu et leurs vœux les ont rapprochés de Dieu. Je leur dis souvent : l'histoire du fondateur, vous pourrez l’écrire dans le futur. Cela ne sera pas facile mais, ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut pas le faire aujourd'hui. Le pape a parlé de lui comme d’une figure énigmatique, avec des facettes assez diverses voire contradictoires. En lui, le mystère de la piété et de l'impiété, qui se mélangent et s'emmêlent en tout homme, a pris des dimensions paradoxales et considérables. Il s'agit vraiment d'un mystère. Peut-être tout cela est-il le résultat de faiblesses devenues de plus en plus graves et de mieux en mieux recouvertes. Il s'agit d'un processus classique que nous connaissons bien : l’atténuement de la conscience. Il avait une image grandiose de lui-même. Il se sentait interprète autorisé d'une exigence historique pour l'Eglise. Malheureusement il a dévié et il a été cause de ruine.
On comprend donc le jugement sévère des évêques visiteurs, en conclusion de leur enquête : la visite 'a pu vérifier que la conduite de père Marcial Maciel Degollado a provoqué des conséquences sérieuses dans la vie et la structure de la Légion, de manière à exiger un chemin de profonde révision. Les comportements gravement immoraux du père Maciel, confirmés par des témoignages irréfutables, se présentent parfois comme de véritables délits et manifestent une vie sans scrupules et privée de sentiment religieux authentique. Une grande partie des Légionnaires ignorait tout de cette vie, surtout en raison du système de relations élaboré par le P. Maciel, qui avait su avec habileté se construire des alibis, obtenir la confiance, la familiarité et le silence de ceux qui l'entouraient et asseoir son rôle de fondateur charismatique.' En effet, un fondateur qui agit pendant quarante ans d'une certaine manière, imprime à l'insu des autres un certain style de vie et de gouvernement. Et cela laisse des traces.

Vous me demandez si la distinction entre le charisme du fondateur et le charisme de la fondation est le cadre conceptuel utilisé en cette circonstance. Nous n'avons pas encore suffisamment réfléchi sur ce sujet. Ce que nous avons développé, c'est la distinction entre fondateur et père. Maciel est pleinement fondateur parce que cela n'implique pas de détermination décisive dans l'ordre de l'œuvre démarrée. C’est différent pour le terme de ‘père’, un terme biblique. Une chose est l'initiative apostolique, une autre est le projet de vie comme chemin de sainteté. La première peut naître de façons très diverses. La deuxième engage la grâce et provient de Dieu et des apôtres. Tous les signes qui faisaient référence à Maciel en tant que père ont été supprimés, comme les prières qu'il avait suggérées ; mais qu'il ait été à l'origine de l'œuvre ne peut être nié. Je dois dire que toute la tradition conciliaire a encouragé la valorisation du fondateur et de sa spiritualité. Ceci sera difficile à maintenir dans notre cas. En outre, une recherche approfondie sera probablement nécessaire pour revenir au noyau originel, dont faisaient partie d'autres personnalités par la suite obscurcies par celle de Maciel, mais qui devraient être mises en évidence ».

Les consacrées

Quelques voix externes ont proposé, à un moment donné, de remettre à zéro la Légion, de la dissoudre. « Mais ceci, me semble-t-il, n'a jamais été envisagé sérieusement. Le document final de la visite apostolique n'en parle pas et aucun des visiteurs ne l'a vraiment considéré. Le pape aurait pu le faire. Non seulement il ne l'a pas fait, mais il a donné des indications pour continuer. Le choix de nommer un délégué le démontre clairement.

Après la visite à la Légion. il y a eu un prolongement dans la visite de Mgr. Ricardo Blázquez aux consacrées de Regnum Christi. Le problème ne concerne pas la branche masculine, les consacrés étant peu nombreux et vivant dans les maisons avec les prêtres, mais plutôt celui des 8-900 consacrées femmes. La visite a été conclue il y a quelques mois, lorsque le visiteur nous a présenté son rapport. Nous essayons de comprendre comment procéder. Je leur ai adressé une lettre et nous allons les rencontrer à partir du mois de novembre (ndE : même si l’article est publié maintenant, l’interview date du mois d’octobre). Nous avons quelques difficultés juridiques : ce sont des consacrées qui font profession des conseils évangéliques en privé, mais elle ne forment pas une association au sens propre du terme, puisqu'elles n'ont pas de gouvernement interne ou d'organisation spécifique. C'est le supérieur des légionnaires qui admet les candidats à la consécration et qui peut dispenser de la promesse. C'est lui qui nomme les responsables et c'est le provincial qui institue les directeurs et les confesseurs. En général elles sont satisfaites de leur choix, même si quelques unes ont quitté le mouvement suite aux événements récents. Elles devraient avoir une plus grande autonomie et subjectivité. Mais nous allons voir quoi faire pour elles, qui représentent quoi qu’il en soit une force importante et un groupe de valeur.

Enfin, je voudrais leur faire voir deux choses. Avant tout une difficulté spécifique de notre temps : le fait de vouloir tout savoir. L'exigence d'une transparence absolue et de tout savoir permet-elle toujours d'atteindre la vérité mieux et plus en profondeur ? Aujourd'hui dans les médias, les légionnaires font partie du mantra commun : la pédophilie, les scandales financiers du Vatican, la quête de pouvoir, les légionnaires. Là où l'on demande à l'Eglise d'être intransigeante, on ne se limite qu'à une partie des facteurs, sans compter sur ceux de la bienveillance due à tous les hommes, même pécheurs ; sans pardon et miséricorde, il est même difficile de comprendre ! Autant le péché doit être condamné, autant les pécheurs, en plus d'être punis, doivent être aussi pardonnés.

La deuxième remarque est la suivante : A quelle attente des catholiques le phénomène Légion et Maciel a-t-il répondu ? Il y a eu des années après le concile au cours desquelles les extrémismes ont occupé la scène. D'un côté des formes de théologie qui en sont venu à nier la résurrection, la divinité du Christ, sa présence réelle et permanente dans l'Eucharistie. D'autre part, la dérive schismatique lefebvriste. Le peuple chrétien est resté, dans sa grande majorité, fidèle et conservateur, tout en accueillant favorablement un renouvellement. Qui le représentait ? Qui exprimait ses inquiétudes et ses attentes ? On accusait les riches. Maciel a su valoriser ces milieux : le monde de l'entreprise, les grandes familles de la noblesse, les couches dirigeantes. Celles-ci avaient et ont toujours un poids culturel, philosophique et financier de tout respect. Il les a rejoints, leur offrant une sensibilité ecclésiale fascinante. Hélas, en sa personne et son comportement il a trahi et compromis le projet ! »

Propos recueillis par Lorenzo Prezzi
Traduction www.regnumchristi.fr

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