Pardonner : c’est divin - Réflexion dominicale du 23 février

par le Père Richard Greenslade, LC, administrateur de la paroisse Notre Dame de Boulogne

Nos vies sont remplies d’une multitude de rencontres et d’expériences, vastes et variables. Nous connaissons tous des moments heureux et d’autres moins heureux. Nous avons nos hauts et nos bas, nos joies et nos déceptions. Au fond de nos cœurs nous désirons tous jouir d’une bonne entente avec notre prochain et vivre dans la paix.

Malheureusement, cette bonne entente et cette paix sont souvent fragilisées par nos propres faiblesses et par celles des autres. Tôt ou tard nous avons besoin de demander le pardon et/ou de l’accorder. Les mots déplacés, injurieux partent trop vite de nos lèvres, surtout quand nous nous trouvons sous l’emprise de nos passions. Les gestes désagréables et offensants, les manques d’attention, etc. troublent la paix. Ils laissent des traces dans les cœurs, occasionnent des blessures, provoquent des rancœurs.
Dans certains cas, ces blessures peuvent prendre de telles proportions, ou arriver à une telle intensité, qu’elles entrainent une profonde amertume : ce qui rend le pardon difficile, voire presque impossible.

Le pardon ne veut pas forcément dire la réconciliation. Pour qu’une réconciliation ait lieu, il faut que les deux intéressés soient prêts à faire un pas l’un vers l’autre – que chacun assume la part de responsabilité qui lui revient, et qu’il se repente du mal qu’il a fait. Quand elle se produit, la réconciliation guérit le cœur, rétablit la paix, redonne la joie.

Il y a, parfois, des cas où une vraie réconciliation n’est pas possible – lorsque l’autre ne veut pas reconnaître ses torts, qu’il ne veut pas en parler, qu’il refuse de nous demander pardon. Heureusement, même dans ces cas, le pardon est, toujours possible. Il ne dépend pas uniquement que de l’attitude de l’autre ; il ne revient qu’à moi de l’accorder. Toutefois, nous pouvons nous demander : « Pourquoi pardonner celui qui ne veut pas se réconcilier ou qui persiste dans sa mauvaise conduite vis-à-vis moi ? »

C’est parce que les amertumes que nous développons sont comme un cancer pour notre âme : elles nous « dévorent » de l’intérieur et pourrissent notre vie. Elles nous rendent tristes en nous rappelant sans cesse de mauvais souvenirs. Elles deviennent un poids, un fardeau, que nous portons partout : sous lequel nous devenons de plus en plus courbés, déformés. Pour cela, nous avons besoin d’une guérison pour revivre, et cette guérison ne peut venir qu’à travers le pardon.

Cela peut nous sembler trop difficile, voire inaccessible. Et à juste titre, parce que cela dépasse nos simples capacités humaines. Nous avons besoin de la grâce de Dieu pour le faire. Lui seul est capable de nous donner les moyens spirituels indispensables pour pardonner ceux qui nous ont blessés. Pour nous les accorder Il nous invite à expérimenter de « première main » le pardon qu’Il nous offre pour nos propres péchés. En reconnaissant nos fautes, en avouant nos péchés, nous recevons le pardon de Dieu, et nous nous réconcilions avec Lui. Il nous guérit du mal que nous avons fait. Une fois libérés, purifiés et fortifiés nous pouvons, à notre tour, accorder gratuitement aux autres ce que nous-mêmes avons reçu gratuitement de Dieu.
« Celui qui demande, reçoit » (Mt 7,8)