
Pourquoi une « Ecole Apostolique » ?
Elle répond au fait confirmé par l’expérience que certains garçons reçoivent un appel authentique au sacerdoce dès leur jeune âge. Nous vivons dans une société qui est, sous bien des aspects, très éloignée des valeurs chrétiennes et qui attaque de façon chaque fois plus corrosive les convictions de nos jeunes, spécialement vulnérables. Les moyens de communication, comme internet, présentent un grand potentiel et peuvent être de beaux lieux d’évangélisation, mais ils véhiculent souvent des modes qui éloignent les jeunes de leur foi.
Voilà pourquoi il est important d’aller à la rencontre des garçons qui se sentent appelés et de leur offrir des conditions privilégiées pour un discernement vocationnel libre et sérieux. C’est la raison d’être de notre école.
Qui sont ces garçons qui viennent intégrer l’Ecole Apostolique et acceptent la vie réglementée d´un internat ?
L’Ecole Apostolique est ouverte à tout collégien et lycéen catholique désireux de commencer à discerner s’il a un appel au sacerdoce. Les garçons, ici, sont en ce sens très « normaux », avec les qualités et les défauts propres à tout jeune de leur âge. Ce qu’ils ont de différent, c’est le fait qu’ils ont un jour senti un possible appel au sacerdoce. Ils auront le temps de l’approfondir.
Dans quel mesure le sujet « vocation sacerdotale » est-il présent dans la vie quotidienne à l’École ?
Ce sujet est, en même temps, présent et en quelque sorte absent. Absent au sens que nous évitons de « bombarder » les enfants avec la « question vocationnelle ». C’est une façon de garantir un discernement serein dans la liberté et sans « bourrage de crâne ». Mais simultanément tout parle de la vocation, ici, mais comme en sourdine. Personnellement, même si j’affronte parfois directement le thème de la vocation, je préfère centrer leur attention sur le Seigneur et les aider à développer une relation personnelle avec Lui. S’ils aiment profondément le Christ et s’ils découvrent qu’ils sont effectivement appelés par Lui, ils le suivront.
Et si un élève souhaite prendre un autre chemin ?
La question est peut-être mal formulée. L’élève à Méry-sur-Marne n’est pas proprement dit sur un chemin de vie sacerdotale, il n’est pas religieux, il n’a pas un engagement envers l’école plus contraignant que celui qu’il aurait envers un autre établissement. Il est simplement en train de discerner quel chemin il prendra plus tard. Les statistiques le montrent bien: entre 25% et 30% des élèves décident de suivre après le bac un chemin de vie sacerdotale.
Nous nous demanons, avant tout, où se trouve le bien de l’élève, prenant en compte, bien entendu, la possibilité d’une vocation. En fonction de cela, nous conseillons le garçon et ses parents, qui doivent se sentir très libres de prendre la décision qu’ils considèrent la plus adéquate.
Comment préparez-vous les élèves à d’autres parcours que celui du grand séminaire?
La préparation découle tout simplement de notre souci de donner à nos élèves une formation intégrale, où l’ouverture aux réalités du monde d’aujourd’hui est une priorité. Cette formation se doit d’être centrée sur l’amour de Dieu, car nous croyons que si l’élève l‘a découvert et expérimenté comme force motrice par excellence de l’homme, il sera en mesure de dépasser, aidé de la grâce de Dieu, tout obstacle intérieur et extérieur à l’authentique réalisation de sa personne.
Les élèves de l’École Apostolique font les mêmes classes de collège et de lycée que les autres, avec une attention très personnalisée étant donné les petits effectifs. Les résultats scolaires des dernières années sont assez encourageants, avec 100% de réussite au brevet et 92% au bac.
Quelle image de prêtre souhaitez-vous transmettre aux élèves?
Nous pensons qu’il est important de combiner le fait que le prêtre est un homme de Dieu, ancré dans ce qui ne passe pas, avec sa vocation d’aller à la rencontre de ses frères, donc d’être un homme de son temps, en tout ce qui est compatible avec l’Evangile. En tant qu’homme de Dieu, la prière occupe la première place dans sa vie. En tant que tourné vers ses frères, il se doit de les servir avec joie, espérance et désintéressement. La prière et le service ne peuvent se faire qu’en Eglise. Voilà aussi pourquoi le prêtre doit être un homme humble, disposé à mettre de côté ses propres idées, si c’est nécessaire, pour le bien de la communion avec ses frères et dans un esprit d’obéissance.