
Trop inconstante, trop distraite, trop sèche… C’est souvent que nous nous plaignons de notre vie de prière. Après le Carême, avec ses résolutions et ses efforts, c’est maintenant dans la joie du temps Pascal que nous devons nous appliquer davantage à soigner notre vie de prière.
Tout d’abord, se sentir insatisfait face à notre capacité de prier ne doit pas être pris comme quelque chose de purement négatif : c’est plutôt un bon signe. C’est une grâce que Dieu nous accorde pour nous pousser vers une prière plus profonde, plus fournie.
Cela nous aide à intensifier nos efforts quand nous faiblissons, à mettre en pratique de nouvelles résolutions pour nous améliorer. Au lieu de baisser les bras et de céder au découragement, nous devons accueillir cette insatisfaction comme un appel de Dieu à nous dépasser et à franchir une nouvelle étape dans notre vie de prière.
La prière, comme telle, suit toujours le même schéma : une réponse, une rencontre, une décision. Nous considérerons le premier des trois points cette semaine, et les deux autres au cours des deux semaines suivantes.
En premier lieu, la prière est une réponse à l’appel de Dieu. Il nous invite à entrer en relation avec Lui ; à laisser de côté nos occupations et nos préoccupations pour nous mettre en sa présence. Cette première étape n’est pas toujours facile. C’est un vrai acte de volonté de nous couper de tout ce qui nous entoure, de trouver le temps, de nous concentrer.
Il nous aide à constater que la prière n’est jamais le fait de notre propre initiative – c’est une réponse que nous donnons : notre « oui » à Celui qui veut parler avec nous. Ce n’est pas que nous devons faire de grands efforts pour grimper vers Dieu ; il s’agit plutôt de saisir la main qu’il nous tend pour faire une pause dans notre journée – une halte spirituelle pour nous ressourcer.
Si nous répondons que nous n’avons pas le temps ou que nous ne sommes pas assez bons pour la prière, nous contredisons Celui qui nous appelle. Par son invitation Il nous dit que oui, nous en sommes capables et que oui, c’est le bon moment. Si pendant la journée Dieu nous inspire à prier, nous ne devons pas repousser l’invitation pour plus tard, pour quand nous serons plus tranquilles.
Si l’inspiration vient maintenant, c’est parce que Dieu sait que c’est maintenant que nous avons le plus besoin de prière et que ce fameux « moment plus tranquille », tout simplement, ne viendra pas.
Savoir répondre à l’invitation de Dieu à la prière requiert beaucoup de docilité de notre part. Une dame de ma paroisse d’origine m’avait dit un jour, « Richard, les moments où tu n’auras vraiment pas envie de prier, c’est précisément en ces moments-là que tu auras le plus besoin de la prière ». Cela m’a servi de bon guide. Quand je pense à la prière et que cela ne m’attire pas, alors je prie. Parfois, être têtu a ses avantages !
Être docile à ces appels de Dieu a une deuxième fonction : cela nous entraine à être toujours plus réceptifs aux autres inspirations de l’Esprit Saint. Appeler untel, écrire un mot à tel autre, savoir quand nous devons répondre et quand nous devons nous taire, etc… Être docile à l’Esprit Saint nous permet, comme Abraham, notre père dans la Foi, de répondre chaque fois « Me voici » à ce Dieu que nous n’avons jamais vu.
Que le Seigneur donne à chacun la force de répondre « me voici » à toutes les invitations qu’il nous adressera cette semaine ! Père Richard