
La semaine dernière, nous avons vu que la prière suit le schéma suivant – une réponse, une rencontre, une décision – et comment nous devons répondre à cette invitation à l’initiative de Dieu. Cette semaine nous regarderons de plus près la « rencontre ».
Une fois que nous avons répondu « oui » à Dieu, que nous nous sommes coupés de nos occupations pour entrer dans la prière, il nous faut le silence pour nous mettre vraiment en sa présence : pas seulement l’absence de bruits extérieurs, mais surtout, le silence intérieur.
Trop souvent notre prière s’arrête là, dans les 30 secondes qui suivent. Nous sommes très vite inondés par des distractions : notre esprit divague ; nous nous souvenons de tout ce que nous avons oublié de faire ; nous pensons à untel ou à tel autre ; nous finissons (ou débutons) notre nuit…
Bref, nous avons souvent l’impression de faire tout sauf prier. A tort ! Le Seigneur sait que la prière est surtout une bataille. Si nous nous arrêtons aux tous premiers obstacles, nous n’irons jamais très loin. Les distractions font partie du terrain de la prière. C’est normal. Nous ne devons pas croire que leur présence est le signe que nous ne prions pas. Au contraire, elles nous confirment que la partie est bien entamée.
Il faut seulement savoir ce qu’il faut en faire. Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus ne laissait pas les distractions la décourager. Chaque fois qu’elle se rendait compte que son esprit s’évadait, elle rendait grâces au Père de l’avoir rappelée, de nouveau, à la prière. Au lieu de penser « je suis souvent distraite dans la prière, donc je ne suis pas faite pour prier », elle s’émerveillait de la bonté de ce Père Céleste qui continuait, sans cesse, à la ramener vers Lui, elle, si faible et si inconstante.
Si c’est vrai que la prière commence par une réponse de notre part, il est aussi vrai que ce « oui » a souvent besoin d’être renouvelé plusieurs fois tout au long de la route.
Rencontrer Dieu dans la prière, c’est L’accueillir tel qu’Il est. En parallèle, nous nous présentons à Lui tel que nous sommes – pauvres, faibles, inconstants. Nous n’avons pas besoin de chercher à L’impressionner. Il faut commencer par nous dévoiler, accepter ce que nous sommes vraiment : pas de masque, pas d’apparence, seulement la vérité. C’est pour cela, à la base, que la prière est construite sur la vertu de l’humilité.
Ensuite, c’est le Christ qui s’approche de nous. Il n’a pas peur de notre nudité, de notre petitesse. Il n’éprouve pas de honte envers nous, seulement de l’amour. La rencontre est sur le point d’avoir lieu. Il faut résister à la tentation de Le repousser, de reprendre nos défenses habituelles. Il faut laisser le Christ nous toucher, nous embrasser, nous aimer.
En nous fondant dans ses bras nous sommes entrés dans une prière profonde, celle que notre cœur a toujours désirée. La porte d’entrée n’est pas facile à trouver, mais elle nous est accessible. Il faut combattre les distractions et les tentations ; il faut persévérer. Mais chaque fois que Dieu nous appelle et que nous répondons « oui » Il nous approche, sans faille ; peu importe d’où nous venons, peu importe la distance que nous avons parcourue avant de faire demi-tour pour retomber dans ses bras. Et ça c’est merveilleux !
Mais, la prière n’est pas encore finie. Il manque encore la « décision ». Et nous en parlerons la semaine prochaine.