
La prière, comme nous l’avons vu la semaine dernière, est une rencontre amoureuse avec Dieu. Cette rencontre est possible chaque fois que nous donnons une réponse positive à son invitation.
Mais, la prière ne peut pas se terminer là. Il y a une suite à donner à cette expérience merveilleuse. Il ne suffit pas simplement de jouir de la présence de Dieu, de faire, en quelques sortes, notre «plein» de sentiments pieux. Le risque serait, alors, de transformer la prière en une recherche d’émotions, en un exercice mental qui aurait pour seul but de chercher à ressentir quelque chose. Ce serait se servir de la religion comme d’un moyen pour éprouver un certain bien-être personnel, et rien de plus.
C’est pour cela que la prière doit se terminer avec une décision ; un « oui » donné à Celui que nous venons de rencontrer.
Il faut que la prière nous transforme dans notre for intérieur pour ensuite devenir action. Dans chaque rencontre, Dieu se laisse connaître. Il nous invite à s’approcher de Lui, à Lui parler, mais surtout à L’écouter. Le fruit de la prière c’est une connaissance intérieure du Dieu vivant qui abreuve notre soif de l’infini, qui apaise notre cœur qui en veut toujours plus, qui satisfait notre désir de comprendre la vérité sur Lui, sur nous-mêmes, sur les autres. Mais toutes ces nouvelles connaissances et ces émotions ont besoin d’être incarnées, de prendre forme dans notre vie de tous les jours.
Face à un tel amour, face à tant de vérités, nous sommes invités à faire un pas de plus vers cet amour divin et parfait, un pas de plus vers notre vraie Patrie, un pas de plus vers notre prochain. Dieu nous invite à devenir de plus en plus comme Lui, de Lui ressembler davantage. Donc, il y a une décision à prendre lors de chaque prière ; ouvrir notre cœur à ce que Dieu peut nous demander et vouloir le mettre en pratique.
Un piège qui nous est souvent tendu est de penser que dans la prière nous devons ressentir quelque chose. En suivant cette logique, la bonne prière serait celle qui provoque en nous les plus grands sentiments : le bonheur, la paix, la joie, etc. La mauvaise prière serait celle qui est toute sèche, au cours de laquelle nous ne ressentons rien du tout. Ainsi, nous conclurions, à tort, que nous avons bien prié seulement si nous avons éprouvé de beaux sentiments. C’est faux.
La question que nous devons nous poser à la fin de chaque prière est la suivante : « Est-ce que je suis encore plus déterminé à ressembler à Dieu, à vivre selon son amour, à mettre en pratique ce qu’Il en train de me demander ? » Si la réponse est « oui », j’ai bien prié. Et cela peut venir même d’une prière toute sèche. Par contre, si la réponse est « non », alors il faut que j’y retourne.
Cela ne veut pas dire que notre prière doit être dépourvue de tout sentiment. Tout simplement, la qualité de notre prière ne dépend pas d’eux et ils ne doivent pas en être, non plus, le principal objectif.
C’est normal que nous passions par des moments de sécheresse dans notre prière. Quand elle est sèche, c’est nettement plus dur. Mais Dieu profite de ces moments pour purifier notre amour, agrandir notre foi, fortifier notre espérance. Ce qui n’est pas mal, en fin de comptes.
Que Dieu nous aide à persévérer dans la prière et par elle, Lui ressembler chaque jour davantage.