Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu’il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? »
Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela :
Le baptême de Jean, d’où venait-il ? Du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?”
Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. »
Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela.
Permets-moi, Seigneur, d’être tout attentif à l’enseignement que tu veux me donner par ce texte d’aujourd’hui. Que je sois totalement à l’écoute de ton Esprit Saint. Ferme mon esprit aux mille questions et préoccupations de ce jour, pour que je ne cherche que toi.
1. « Jésus était entré dans le Temple ». Depuis le début de ta vie publique, tu aimes à enseigner dans les synagogues et dans le Temple : on t’écoutait avec respect, parce que « tu enseignais comme un homme qui a autorité » (Mc 1, 22). Mais au fur et à mesure que ta notoriété se faisait connaître, les oppositions se manifestaient de la part des grands prêtres et des anciens qui exerçaient leur autorité religieuse, et même civile, en Israël, depuis des siècles, veillant sur le maintien des traditions. Jaloux de leur autorité, ils viennent vers toi, ils veulent te mettre à l’épreuve et te posent une question piège, une question hypocrite, pour que tu répondes que c’est de Dieu que tu tiens cette autorité. Si tu réponds de façon directe ils pourront t’accuser de « te rendre témoignage à toi-même ce qui invalide ton témoignage » (Cf. Jn 8, 13). Et, selon la loi qu’ils disent appliquer, ils pourront alors te lapider comme ils ont déjà tenté de le faire au début de ta vie publique (Cf. Lc 4, 29). Mais tu connais leur projet et tu ne te laisses pas intimider.
2. « De mon côté, je vais vous poser une question ». Tu les interroges sur le précurseur qui venait annoncer ton arrivée et qui avait eu un grand succès auprès des foules, lui dont le nom signifiait « Dieu est favorable ». Les grands prêtres et les anciens ne pouvaient pas ignorer la signification de ce nom, ils ne pouvaient pas non plus ignorer les prophéties d’Isaïe et de Malachie. Tu sais que cette question va les diviser intérieurement : quelle que soit la réponse, ils se sentiront pris au piège, leur hypocrisie sera mise à jour et leur autorité un peu ébranlée.
3. « Moi non plus je ne vous dis pas de quelle autorité je fais cela ». Là, ils sont totalement muets : leur comportement traduit leur manque de courage et leur arrogance. Dans l’immédiat, ils ne peuvent agir contre toi. Mais toi, tu sais qu’un jour tu seras trahi, arrêté, jugé et condamné à cause des hommes et plus particulièrement de certains d’entre eux, qui se disent leurs maîtres, leurs bergers mais qui s’enfuient dès qu’ils voient arriver le danger. Toi tu es le bon berger, tu es la porte par laquelle entrent les brebis et tes brebis te connaissent et te suivent.