Célébrons le pain de Dieu

mer 13/04/2016
Fête du jour: 
Saint Martin 1er, pape et martyr

Chapitre d'Evangile:

Verset de début: 
35
Verset de fin: 
40
Evangile: 

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas. Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

Prière: 

Ô Jésus, pain de la vie, sainte Eucharistie : accepte mon adoration, ma prosternation, la vérité de mon amour : que les vieilles cérémonies de ma vie perdue sans toi fassent place au nouveau rite où je t’imite en partageant ma vie avec tous mes frères et sœurs dans la sainte communion de l’Église ! Ton Père saura mon amour pour toi quand je serai ton instrument et que nous chanterons ensemble : « Tantum ergo Sacramentum ! Un si auguste sacrement ! Adorons-le, prosternés ; que les vieilles cérémonies fassent place au nouveau rite ; que la foi de nos cœurs supplée aux faiblesses de nos sens ; au Père et à son Fils unique, louange et vibrant triomphe ! Gloire, honneur et toute-puissance ! Bénissons-les à jamais ! À l'Esprit procédant des deux, égale adoration. Ainsi soit-il ! »

Demande: 
Que nous vivions dans la communion du Père et du Fils et de l’Esprit Saint dans la communion de l’Église : par notre sainte Eucharistie, Jésus-Christ, le pain de la vie.
Points de réflexion: 

1. « Moi, je suis le pain de la vie ». La personne humaine habite son corps sans être réduite à sa matière : des esprits incarnés, l’homme et la femme ont des facultés qui dépassent leur cinq sens : leur intelligence pour connaître le vrai, leur libre volonté pour adhérer au bien. La vie humaine dépasse donc la vie du corps seul. Donc l’amour animal naturel en nous doit être éduqué à dépasser la quête du pain pour soi, jusqu’à désirer servir les autres personnes en donnant sa propre vie. Si le corps a besoin du pain pour vivre, la personne humaine a aussi besoin de son propre pain : Jésus annonce qu’il est ce pain de la vie. Caché derrière cette annonce mystérieuse, ce qu’il présente comme l’utilité de sa personne sous la métaphore du pain, c’est « le mystère de la foi » que les prêtres vont annoncer aux fidèles de l’Église après chaque consécration de l’Eucharistie, parce que c’est « la révélation » d’une réalité qui dépasse l’imagination et l’intelligence naturelles humaines. Son auditoire croyant va comprendre que Jésus, le Fils du Dieu vivant, s’offre éternellement pour que nous ayons la vie, dès notre pèlerinage terrestre, dans une sainte communion : dans le sacrement de l’Eucharistie qui nourrit la vie des enfants engendrés par le mariage mystique entre Dieu et son peuple, voire l’Église : l’Épouse de cet Époux. Toute personne humaine a, en fait, faim de l’amour, soif de la vérité. Si le corps humain meure sans pain, la personne humaine meure sans l’amour et la vérité. Si la vie d’une personne ne trouve pas sa relation aux autres personnes dans la vérité et l’amour, elle meure ainsi. « Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif ». L’amour divin s’est incarné : la vérité de l’Incarnation. Pour ce qui concerne Jésus-Christ, l’ « Époux », la Vérité qu’il Est est l’Amour qu’il Est : Jésus réellement nous donne sa Vie dans la sainte Eucharistie pour la vie éternelle dans le Ciel ; celui qui participe dans la vérité de cet amour devient membre vivant de son Église, l’ « Épouse », déjà sur cette terre.

2. « Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas ». Ce n’est pas l’œil du corps humain qui voit la Présence réelle de Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie, ou le son de la voix de Jésus sur les oreilles de son auditoire à donner cet entendement. L’intelligence humaine, malgré sa faculté de saisir naturellement l’essence du « pain … fruit de la terre et du travail des hommes » sous lequel le « pain de la vie » apparaîtra, ne sait néanmoins pas comment saisir l’essence du « pain de la vie … éternelle » par sa propre lumière : c’est à Jésus de nous révéler le contenu de cette foi, la Lumière, sa propre Personne, le don de son Père. Dans sa reconnaissance de ce don céleste, l’amour humble de l’Église sait professer sa foi dans un hymne sacré qui jaillit du cœur : « Tantum ergo Sacramentum… Praestet fides supplementum sensuum defectui. / Un si auguste sacrement (…). Que la foi de nos cœurs supplée aux faiblesses de nos sens ». Ce n’est donc pas la volonté humaine qui cherche son propre intérêt égoïste ; c’est elle qui va savoir accueillir cette vérité, communier avec elle, ou la communiquer : il faut aimer les autres pour recevoir l’amour soi-même ! « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ! » (Gn 2, 18) Dieu veut former sa famille, en ayant des enfants. « Croire » va exiger de donner la propre vie à celui qui donne sa vie, d’échanger la solitude de l’intérêt propre pour la communion avec ce « Bien Commun » qui donnera une « Sécurité Sociale » définitive à tout membre de sa famille, son Royaume : « Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors ».

3. « Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour ». Suis-je vraiment chrétien(ne) ? Est-ce que je crois, en adhérant au Christ, en adorant la vérité de son amour, le don de sa vie éternelle ? Est-ce vrai que je suis mort à moi-même en lui donnant ma vie, parce que j’aime tous ses frères et sœurs, les hommes à son image ? « Que je ne perde aucun ». Je suis une personne perdue sans être trouvée par lui. « Que je les ressuscite au dernier jour ». Nous sommes morts sans lui. « Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi » : preuve que je suis un fils dans le Fils sera de donner ma vie au Christ au nom du Père ; preuve que je suis un envoyé de l’Envoyé sera de donner ma vie à mes frères et sœurs au nom du Christ, en les introduisant à cette sainte communion qui les libérera de leur solitude mortelle… Mais suis-je une personne miséricordieuse comme lui ? Est-ce que je sais pardonner aux autres en leur donnant témoignage de l’amour et de la vérité quand j’éprouve le sentiment, « vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas » ? Suis-je une personne patiente comme lui, sachant laisser tomber tous mes grains de blé en terre pour qu’ils produisent du fruit ; en prendre le fruit pour le moudre, en en faisant de la farine et du pain ; offrir ce pain aux autres avec libéralité pour qu’il soit complètement consommé ? Que le Sacré-Cœur brûle là où était le mien ! Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien ! « Et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors ! » Jésus, que je donne en exemple ta miséricorde !

Dialogue: 
Ô Jésus-Christ, ton visage brille quand tu dis, « Moi, je suis le pain de la vie… Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors ». Ta lumière est la miséricorde du Père. Il prépare tes noces. Laisse-moi venir à toi pour que je vive en communion avec Dieu, notre Père. Envoie-moi à des hommes pour qu’ils deviennent tes frères et sœurs dans la communion de l’Église, ton Épouse, où tu es toujours présent dans le Saint Sacrement.
Résolution: 
Trouver le tabernacle d’une église où adorer le Christ-Eucharistie réellement présent, en amenant une autre personne à y croire avec moi !