Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »
Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ?
Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage.
Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.
Sainte Trinité, je crois en toi, fais que je goûte déjà à la vie éternelle en communion avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Amen.
1. Le livre des Actes des Apôtres nous offre le portrait de la première communauté chrétienne unie par l’amour du Christ : ils étaient une multitude, mais ils avaient « un seul cœur et une seule âme ». Cette unité prenait une forme de solidarité dans le partage des biens qui n’a pas perdu ni son actualité ni sa nécessité. La vie en société de la première communauté guidée par les apôtres était un témoignage de la Résurrection de Jésus. La grâce surabondante qui reposait sur eux était le fruit de la participation au mystère pascal de Jésus par le baptême. Renaître d’en haut signifie aussi apprendre à revoir la réalité tout entière à la lumière de la grâce baptismale et imprégner toute notre vie sociale du don que Dieu fait à chacun d’entre nous par le baptême : nous sommes des créatures nouvelles.
2. La doctrine sociale chrétienne n’est que la conséquence de cette dimension sociale de l’Évangile. Le principe du bien commun et de la destination universelle des biens trouvent leur fondement dans cette attitude du chrétien qui sait que tout don vient de Dieu : « Personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun ». Dieu donne à l’homme la responsabilité de la création et il s’approprie une partie de la création pour la faire fructifier. Le meilleur fruit de la création ce n’est pas de servir uniquement nos propres intérêts, mais de servir Dieu et le prochain dans la justice et la charité. Elle brille de toute sa splendeur lorsqu’elle est insérée dans le projet de Dieu par le travail honorable de l’homme.
3. À la base de cette dimension sociale de l’Évangile et de l’engagement du chrétien en société, se trouve la grâce du baptême : « Au cœur même de l’Évangile, il y a la vie communautaire et l’engagement avec les autres » (Evangelii Gaudium). Le christianisme n’est pas un système communiste qui oblige tous les citoyens au partage forcé. Il est rencontre avec la vie de celui qui pour nous s’est fait pauvre ; il est rencontre avec sa grâce qui nous aide à l’imiter.