« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel »

jeu 23/04/2015
Fête du jour: 
Saint Georges, martyr ; saint Adalbert, évêque et martyr

Chapitre d'Evangile:

Verset de début: 
44
Verset de fin: 
51
Evangile: 

Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi.
Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père.
Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit.
Moi, je suis le pain de la vie.
Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas.
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

Prière: 

Seigneur, me voici. Je te donne ce petit moment de ma journée. Ce n’est pas une parenthèse. Les vraies parenthèses, ce sont les moments où je t’oublie. Mais quand je pense à toi et que je cherche à m’unir intimement à toi, c’est là que j’émerge à la réalité. Sainte Vierge Marie, je te confie cette prière.

Demande: 
Seigneur, fais-moi venir à toi !
Points de réflexion: 

1. L’Évangile d’aujourd’hui fait partie du fameux discours du pain de vie, que Jésus prononce dans la synagogue de Capharnaüm, après la multiplication des pains. Les juifs avaient bien perçu que ce miracle était un symbole et que cet homme, qui multipliait les pains, ne pouvait être que le Messie tant attendu. Mais ils n’avaient pas compris que Jésus allait sauver tous les hommes en se sacrifiant sur la Croix par amour. C’est ce que le Christ leur explique maintenant, dans ce discours du pain de vie.
Notre texte peut se résumer en trois mots : venir à Jésus. C’est en cela que consiste la sainteté : nous rapprocher de plus en plus du Christ, jusqu’à nous unir totalement à lui au ciel. C’est la leçon que le Seigneur veut nous donner aujourd’hui : il nous enseigne comment venir à lui et pourquoi venir à lui.

2. La première condition pour venir à Jésus, c’est d’être attiré par le Père. « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ». Je ne peux pas devenir chrétien tout seul, puisque je ne peux pas m’administrer le baptême à moi-même. De même, je ne peux pas devenir saint tout seul. C’est Dieu qui me sanctifie. Tout mon travail consiste simplement à me laisser modeler par la main de Dieu. Je dois laisser la priorité à l’action de Dieu dans ma vie, c’est-à-dire à la grâce. Mais cela ne veut pas dire que je dois rester complètement passif. Au contraire, me laisser attirer par le Père implique une lutte vigoureuse contre les créatures qui tentent de voler sa place. Je dois chasser de mon âme tout ce qui l’envahit, afin d’y laisser toute la place pour Dieu. Mais comment puis-je me laisser attirer par le Père ? Le Christ me donne la réponse : « Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi ». C’est en me mettant à l’écoute du Père que je peux me laisser attirer par lui et venir ainsi à Jésus. Entendre Dieu n’est pas facile. Pourtant, il me laisse une foule de moyens pour que je puisse capter sa parole : il me parle d’abord à travers ma conscience, puis par les sacrements, l’Écriture sainte et le témoignage des personnes qui le connaissent. Encore faut-il que je fasse l’effort de me recueillir, de calmer les préoccupations et les projets qui se pressent dans mon esprit, pour être attentif à la voix du Père.

3. Le Christ m’indique enfin pourquoi je dois venir à lui : « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ». Si je viens à lui, j’obtiendrai la vie éternelle. A chaque messe, il y a un moment spécial où je m’approche tellement du Christ que j’arrive à deux doigts de la vie éternelle. C’est le moment de la communion. En recevant le corps du Christ, je m’unis à lui de la façon la plus intime possible sur cette terre. En m’unissant au Seigneur, je veux aussi unir à lui toutes les personnes que j’aime, selon l’intuition de sainte Thérèse de Lisieux :

Dialogue: 
« Attirez-moi, nous courrons à l'odeur de vos parfums » (Ct 1,3.) Ô Jésus, il n'est donc même pas nécessaire de dire : en m'attirant, attirez les âmes que j'aime. Cette simple parole : « Attirez-moi » suffit. Seigneur, je le comprends, lorsqu'une âme s'est laissé captiver par l'odeur enivrante de vos parfums, elle ne saurait courir seule, toutes les âmes qu'elle aime sont entraînées à sa suite ; cela se fait sans contrainte, sans effort, c'est une conséquence naturelle de son attraction vers vous. De même qu'un torrent se jetant avec impétuosité dans l'océan entraîne après lui tout ce qu'il a rencontré sur son passage, de même, ô mon Jésus, l'âme qui se plonge dans l'océan sans rivages de votre amour attire avec elle tous les trésors qu'elle possède […] (cf. fin du manuscrit C).
Résolution: 
Cet après-midi, je me recueillerai pendant cinq minutes pour m’unir intimement au Christ.