Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu’il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela : le baptême de Jean, d’où venait-il ? Du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela.
Jésus, tu m’invites à ce moment de rencontre avec toi. Ta parole est une lumière pour mes pas, en méditant l’Évangile je découvre ton visage. Dispose mon coeur pour qu’il se laisse façonner par ta parole, assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.
1. « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? »
L’autorité des grands prêtres était assurée par la loi de Moïse, ils étaient oints lors d’un rituel et portaient les vêtements de leur fonction. L’autorité de Jésus en revanche transcende la loi, il est Dieu : ses paroles, ses gestes, ses manières irradient son autorité. Jésus révèle à l’homme la manière d’être vraiment homme, selon Dieu. Ce n’est pas une autorité imposée, il n’est pas difficile de l’ignorer. C’est l’autorité des critères évangéliques, de la voix de Dieu qui parle à ma conscience, de l’enseignement de l’Église.
Jésus manifeste son autorité depuis la croix, c’est l’autorité de celui qui veut mon bien par-dessus tout, au-delà de sa propre vie. Les grands prêtres étaient-ils prêts à exercer cette autorité-là ? Le suis-je moi-même ? Quand Dieu appelle à exercer une autorité, au sein de la famille, dans le cadre civil, professionnel ou ecclésial, il invite à se mettre au service dans le don de soi. Suis-je prêt à mourir quotidiennement pour ceux qui me sont confiés ?
2. « Le baptême de Jean, d’où venait-il ? Du ciel ou des hommes ? »
Le Christ renvoie les grands prêtres au baptême de Jean. C’était un baptême de conversion, la reconnaissance de ses propres péchés et la décision de changer de vie. Jésus nous rappelle qu’il y a un premier pas avant de le reconnaître comme maître et Seigneur de notre vie, de laisser sa parole avoir autorité dans nos vies. Il s’agit d’avoir une conscience permanente de notre faiblesse et de notre péché, d’éradiquer l’autosuffisance de notre vie. Saint Jean-Baptiste, comme tout prophète, met en évidence les idoles du monde par sa radicalité. Laissons-nous remettre en question en ce temps de l’Avent, choisissons le Christ comme modèle de vie !
3. « ... il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” »
La foi est avant tout un don de Dieu, mais elle est aussi un acte libre de la volonté qui adhère à la révélation de Dieu. Cette foi grandit si nous l’actualisons au jour le jour, si nous apprenons à voir depuis les yeux de Dieu les circonstances de notre vie. Il ne s’agit pas seulement de croire que Dieu « existe », mais de croire en sa parole qui m’indique avec autorité ce qui est bon pour moi. En ce temps de l’Avent où la liturgie m’invite à la conversion, vais-je croire en cette parole que les grands prêtres laissèrent s’envoler ?